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28.06.2005

Prêt-à-penser : Stup religion

Le deuxième album de Stupeflip est sorti. J’adorais déjà beaucoup le premier, son énergie crade qui me rappelait les premiers NTM ou la parenthèse glorieuse du punk français –mais si l’époque oû ta mère trouvait que les compos de Manu Tchao étaient inécoutables-, ses paroles qui gueulent contre l’évidence molle, son univers très fictif, tout me faisait l’effet d’un bon laxatif à l’usage de la nouvelle chanson française. Mais peut-on espérer qu’une météorite en suive une autre ?
Et bien oui, le hold-up continue. Stupeflip avait signé pour deux albums avec la maison de disque… ce genre d’OVNI se reconnaît à son caractère d’exception, et bien ce n’est pas l’album qui était un OVNI, mais bien le groupe (?).
Stupeflip, c’est un krou, réel ou imaginaire je n’en ai aucune idée, qui mélange le rock, le rap et la variété. Au rock, il pique ses guitares saturées et ses hurlements, au rap ses lyrics paranos et sa caisse claire qui claque et à la variété les ritournelles pop et les sons cheap. Stupeflip rajoute à la mixture des interludes dessinant par touche un univers moyen-âgeux ou levant bien haut un majeur tendu à l’argent et aux remises de prix musicaux. Le krou est composé de King-ju, le big boss ; de Pop-Hip, le fan de pop-rock que les autres ne cessent de martyriser ; de Cadillac, mon chouchou, le personnage le plus barré et le plus touchant ; de MC Salo et d’un petit nouveau qui s’appelle Reverb Man parce qu’il a d’la reverb’ dans la voix et que ça lui donne de la profondeur.
Attention, Stupeflip est une vraie foire aux monstres et vous en faites ce que vous en voulez, vous pouvez vous marrer cinq minutes et oublier… Ou vous pouvez écouter plus attentivement la monstrueuse parade et vous rendre enfin compte qu’écouter Bénabar, c’est pas rebelle pour deux sous, que le reggae français est un repère de gentils fachos de gauche qui f’raient mieux d’arrêter de fumer et de se bouger le cul au lieu de nous « souhaiter tout le bonheur du monde », qu’il vaut mieux être punk quand on a plus vingt ans parce que c’est là que ça commence à prendre sens et que le terrorisme sonore, ça fait du bien, ça rafraîchit la tête et ça éclaircit les idées.
On pourrait gloser des heures sur cet album qui joue sur tous les registres du plus léger au plus désespéré, on pourrait aussi aller l’acheter comme ça peut-être qu’il y en aura un troisième, et puis même, on peut acheter le premier si on l’avait pas encore.

17:05 Publié dans Prêt à penser | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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