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30.06.2005

Prêt à penser : Land of the Dead

A la demande générale du Moviefreak, voici pour la première fois un prêt-à-penser sur un film qui n’est pas encore sorti. En effet, pour la première fois de ma vie, j’ai pu assister à deux projections de presse à la capitale prés des Champs-Élysées, ce lundi 27 juin béni soit-il.
D’abord, les salles… Privée, confortables, on est plus proches du club que de la salle de cinéma, la clim fonctionne très bien merci, et en ce jour de canicule parisienne, c’est plus qu’agréable. Les cabines de projection sont à double poste, à l’ancienne. Les spectateurs sont plutôt rupins, sans doute pas mal de journalistes, en même temps je leur ai pas demandé.
Première séance au (?), la Ravisseuse de Machin Santana. Le film français comme on l’aime dans toute sa splendeur, pas mal écrit, un casting correct-Le Besco, Colin, Dequenne-, des comédiens pas mal dirigés, et une réalisation pas mauvaise : au final un film pendant lequel on s’emmerde poliment ; pas d’enjeu, pas de personnage fort, pas de dynamique narrative et une question ? Que ferais-je avec les mêmes financements, et ben un truc plus couillu, moins somnifère. Arrêtez d’embaucher Grégoire Colin parce qu’il fait mouiller les directrices de casting, arrêtez avec Le Besco, et sa putain de bouche à pipe qui fait bander les réals, arrêtez avec les scénars intimistes, nombrilistes, et putain embauchez des techniciens capables de cacher efficacement les interrupteurs quand vous faites un truc sensé se passer au dix-neuvième. Et quand vous faites un film oû même les acteurs s’emmerde, abandonnez.
Bon, je m’étais promis dans ce blog de ne pas dire de mal des gens, trop tard…
Heureusement, la seconde séance, qui eut lieu au (?), fût d’enfer. Première nouvelle, le Territoire des Morts s’appellera finalement Land of the Dead en France. Deuxième nouvelle, le nouveau Romero sort finalement, le 10 août. Le public est toujours aussi rupin, mais plus jeune, probablement, la hype parisienne, « Salut, ch’uis gratte-papier dans un hebdo culturel. » La plupart des mecs est ravie d’être là, et y’a du fan boy dans la place et ça se sent.
Pour les mecs qui ont lu Duras et vu tout les Klapich durant ces 20 dernières années, rappelons en quelques mots les attentes qu’à su créer Romero.
Land of the Dead est le quatrième film d’une série consacrée à l’envahissement de la planète par les morts-vivants. Il crée le genre en 68 avec la Nuit des Morts-Vivants. Première particularité, Romero se tamponne complètement de la genèse des morts-vivants pour se concentrer sur leur devenir et celui des humains qu’ils assiègent dans une bicoque. Seul survivant, un jeune noir qui est finalement abattu par la police. Pour les gogols, 68 est l’année des jeux olympiques de Mexico, des poings levés des athlètes noirs et celle qui précède les émeutes de Watts. Le film se caractérise par une imagerie qui s’est complètement débarrassée du gothique et du fantastique, on travaille dans le réel le plus absolu, et par une critique politique virulente. C’est un film noir et violent.
En 78, c’est Zombie qui sort, un groupe de survivant se réfugie dans un supermarché assiégé par les morts-vivants, critique de la société de consommation et sans aucun doute un des classiques du gore à l’époque oû cela ne faisait rire personne. C’est sans doute le film qui a eu la descendance la plus importante, remakes-par exemple l’Armée des Morts-, fausses suites, citations, jeux vidéos et dessins animés, cahiers de coloriages pour les crèches, peluches, cadeaux de mariages, etc. À la fois choc esthétique, big up Tom Savini, et fable politique, ce film donne ses lettres de noblesse à un genre dont le radicalisme n’empêche pas la pertinence. Si mes souvenirs sont bons, le suivant doit dater de 86 et s’appelle le Jour des Morts-Vivants, un groupe de survivants est réfugié dans une base militaire et est assiégé par… Romero pousse la chansonnette plus loin, les humains ne valent pas mieux que les zombies qui en plus eux se mettent à cogiter, film féministe et anti-militariste, toujours aussi radical, la trilogie s’achève sur une catastrophe l’envahissement de la base qui était peut-être le dernier refuge de l’humanité.
Les questions qui couraient pour la sortie de Land of the Dead avaient trait pour l’essentiel aux morts-vivants. Allaient-ils courir comme des dératés (pouf pouf) comme dans le Boyle ou le Snyder, ou allaient-ils rester old school comme ta grand-mère pendant la canicule ? Et bien ils avancent à deux à l’heure.
Allaient-ils dans la continuation du Bob du Jour des Morts-Vivants se mettre à cogiter ? Et bien oui.
Le film serait-il authentiquement gore au premier degré ? Et bien encore oui. C’est même douloureux par moments et bien flippant.
Une population de survivants vit assiégée dans une ville fermée par des rivières et des militaires. Dans une tour au centre de la ville les rupins et le pouvoir centralisé et autoritaire. Au pied de la tour, un sous-prolétariat crève à petit feu, sans thune, sans bouffe et sans médocs. Parmi ces pauvres une équipe chargée d’aller régulièrement à l’extérieur pour ravitailler la ville.
Dès la scène d’ouverture, pour couper court à la polémique sur la vitesse des zombies, Romero nous montre le groupe, surarmé, de ravitailleurs faire une sortie et shooter du mort-vivant en pleine poire, en balançant dans le ciel des feux d’artifices qui les fascinent tant que les zombies en oublient temporairement de bouffer les êtres humains. Ceux-ci se baladent avec un camion blindé et quelques véhicules légers, et font un carnage, une boucherie parmi les zombies. Le film est posé, les morts-vivants sont toujours de gentils débiles neurasthéniques et un peu anthropophages. Et les humains s’avèrent être des brutes épaisses, Romero ne choisit pas tout à fait son camp. La séquence suivante, un jeune bleu se fait mordre par un zombie et se tire une balle dans la tête. Le passage est glaçant et rétabli la balance, si les morts-vivants sont vulnérables, il n’en reste pas moins très dangeureux et toujours affamés.
Sauf que, parmi les morts-vivants, un grand black à l’air moins con que les autres, il essaie d’empêcher ses potes de regarder les feux d’artifices qui les rendent si vulnérables… À suivre.
Sachez seulement que Dennis Hopper, le big boss pourri de la ville refuse de négocier avec les terroristes….
Qu’un plan d’ongles arrachés à fait bondir toute la salle.
Que Cholo le latino rebelle veut, je cite : mettre à Dennis un bon jihad dans le cul…
Qu’on assiste à un arrachement de piercing…
Que c’est tellement noir, urbain et anar qu’on croirait que Snake va surgir à chaque coin de plan…
Que les zombies qui cogitent et ont des proto-sentiments, ça déchire et ça va dans la droite ligne de l’œuvre…
Que les journalistes parisiens blasés ont applaudi à la fin de la séance ce qui est très, très rare en projection de presse.
Et que j’ai mis de longues minutes à ma remettre du film.
Et qu’il est probable qu’il s’agit ici d’un des films de l’année même si ni votre petite sœur, ni votre mère ne vous accompagneront. Mais vous pouvez toujours les emmener s’ennuyer à la Ravisseuse.
Spéciale dédicace au Moviefreak, j ‘espère que t’es content mon gars.

12:55 Publié dans Prêt à penser | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

Commentaires

Sûr qu'il doit être content le moviefreak mais le connaissant, il va certainement te corriger pour l'année de sortie de "Day of the Dead", c'était 1985 aux US.

Alors mon lobo, t'as perdu l'adresse d'IMDB ?

Ecrit par : le népalais | 30.06.2005

Ben non j'suis pas content, ça sort que dans un mois, et en attendant ya rien à part La Guerre des Monde et le Fantastic 4, trop cool, un Spielberg qu'a l'air moins bien que du Emmerich et un Marvel qui sera forcément moins bien que du Pixar

Ecrit par : movie-freak | 03.07.2005

T'es bien difficile, monsieur le movie freak !
Moi en ce moment je m'éclate avec le programme du lux (dernier film en date : dear wendy, hier... prochain: 3 extremes, ce soir)
T'aurais qu'à venir faire un tour par chez nous, dès que t'en auras fini avec ce tournage ! (surtout que Lobo il va dépérir - comme toi - dès que je serai partie rejoindre les népalais).
Bon ben bisous (à tous)
Boubou

Ecrit par : boubou | 04.07.2005

Pas mal le texte mais moi je serai comme la petite soeur, j'irai pas le voir. J'espérai seulement un "daaaneettte" quelque part....

Ecrit par : estelle | 10.07.2005

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