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03.07.2006

El monton de ropa

Pepe dit que les hémères naissent quand le premier rayon de soleil franchi la ligne d’horizon. C’est vrai qu’on ne les voit jamais la nuit, c’est Julio qui me l’a dit.

Le matin, ils sont très gais, courent après les papillons, dansent n’importe où et prennent de petits objets brillants qui traînent. Leurs yeux sont tout plissés par le rire et le soleil. Ils rient brusquement en battant des mains. Ils font des marelles dans les cours, seuls. L’après-midi, ils font la sieste… Au réveil, ils ont de grands yeux tristes, ne rient plus, ne jouent plus. Ils regardent par-dessus leur épaule et s’effraient d’un rien. Le soir, on les entend sangloter. Pepe dit qu’ils sont comme transparents et qu’on pourrait presque voir le coucher de soleil à travers. Quand la nuit tombe, ils disparaissent, laissant à leur place leurs vêtements vides. On ne les entend plus pleurer. Pepe dit que c’est à cause des pleurs que les enfants sont tristes quand la nuit tombe, il dit que je ne suis plus un enfant, mais ça me rend encore triste, je ne le lui dis pas.

Julio dit que les fantômes, qui sont très transparents, c’est comme ça qu’on les reconnaît, il dit que les fantômes sont des hémères à qui sont accordés une nuit et un jour supplémentaires grâce à la lumière de la pleine lune.

Quand on trouve des vêtements d’hémères, il ne faut pas les mettre, ça porte malheur. Il faut les brûler.

Juan.

16:45 Publié dans Los tristes | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note

Commentaires

Et humer la fumée du feu d'habits d'hémères...

Ecrit par : Zolurne | 03.07.2006

Oui, j'ai oublié de le préciser, mais c'est ce que dit Pepe.

Ecrit par : LOBO | 03.07.2006

Comme je suis un culte à moi tout seul, j'ai cherché la définition "d'hémère", mot que je ne connaissais pas comme ça tout seul. J'ai trouvé ça :

"Hémère: [bq] n.f. sorte d’esperluette à poils ras, dont la robe verte change de teinte en hiver (où elle devient rouge vif) et lors de la parade amoureuse (elle devient orange et clignotante). L’hémère est de réputation un animal idiot (au moins autant que la linotte) dont les actions paradoxales sont en évidente contradiction avec les principes les plus élémentaires de la survie d’une espèce. Selon le témoignage des chasseurs d’hémères Osram, la bête est facile à attraper et se trouve souvent aux alentours des feux rouges (signal routier) qu’elle confond avec un congénère.

Nycturné: adj. qualifie l’action ou l’état de "dormir debout". Exemple: "Cet enfant raconte des histoires nycturnées" (Pierre et le loup). "Bien nycturné": expression signifiant une absence complète de réalisme, ou une absurdité contradictoire et impossible. "Mal nycturné": vrai, authentique. "Espèce nycturnée": espèce dont le cycle évolutif est anti-darwinien. (Antoine Boegli)

Nycthémère: [db] n.f. hémère bien nycturnée, soit encore plus que la normale.

# Nycthémère: adj. qui possède un rythme de reproduction essentiellement nocturne. Un animal nycthémère ne procède à l’acte sexuel que lorsque l’obscurité environnante est placée au-dessous de son seuil de distinction des couleurs. Ainsi, on remarque que, sociologiquement, les femelles de l’espèce humaine au stade de la maturation sexuelle ont, de manière générale, besoin que leur tout premier rapport sexuel soit effectué dans le noir ou, pour le moins, dans une obscurité relative, telle qu’une chambre d’hôtel dont les rideaux sont tirés ou une voiture planquée dans un bois à la tombée du jour. L’étymologie du mot provient de "nyct", qui signifie nuit et "mère", dont la ressemblance avec le vocable actuel "mère", c’est-à-dire le but reconnu socialement par les autorités chrétiennes (et surtout catholiques) pour l’acte sexuel entre adultes, n’est pas une simple coincidence. On regrettera une déviation de ce terme en une insulte commune chez les jeunes impubères et ignorants qui utilisent "nyctamère" pour signaler la pudeur de la génitrice de la victime, la pudeur étant devenue une tare dans notre environnement (c)anal(+). (Patrick Lafontaine) "

Voilà, la suite est là :
http://www.fulgan.com/players/dico/dico/n.html

Sinon, j'ai eu ça :
"HEMERA était le Protogenos (la déesse primitive) du jour. Elle était une fille d'Erebos (l'Obscurité) et Nyx (la Nuit) et la femme-soeur d'Aither (la Lumière). En soirée sa mère Nyx a tiré son voile d'obscurité entre l'éther et l'air pour apporter la nuit à l'homme. Dans le matin sa femme-soeur Hemera a dispersé ces brumes, révélant l'éther bleu brillant de jour. La nuit et le jour ont été considérés comme tout à fait indépendants du soleil dans les cosmogonies antiques. Hemera a été étroitement apparentée à Héra, la Reine du Ciel et la Déesse Eos de l'Aube. Cependant, Hésiode semble la considérer plus comme la substance divine du jour plutôt que comme une déesse anthropomorphique."

J'ai trouvé ça là : http://www.theoi.com/Protogenos/Hemera.html

J'ai appris plein de choses pou'l'coup, cimer LObO !

Ecrit par : Hubbub Hum | 04.07.2006

C'est rigolo, en cherchant un jeu l'autre jour, je suis tombé sur l'encyclopédie démocratique qui contient quelques unes des définitions que tu donnes.

http://www.fulgan.com/players/dico/index.html

Et j'ai trouvé l'idée assez chouette ; leur définition d'hémère à beau être fausse, elle est vraiment drôle.

Aprés, j'avais un faible espoir d'avoir l'exclusivité du terme, tant pis. Aprés tout les hémères ne sont qu'une partie des choses étonnantes qui se passent dans le village, et pour l'instant vous ignorez tout des absents, des faiseux et des boucqués.

Ecrit par : LOBO | 04.07.2006

Je l'ai évidemment chourré du Grec, et je l'avais d'abord transcrit émères, mais ma femme m'a dit qu'il fallait un H, j'ai dit que je savais et que je m'en foutais et finalement j'ai fait ce qu'elle à dit.
Comme toujours...

Ecrit par : LOBO | 04.07.2006

c'est beau l'amour !

Ecrit par : Hubbub Hum | 04.07.2006

T'as du boulot toi, aujourd'hui ?

Ecrit par : LOBO | 04.07.2006

entre 2 lectures de ton blog, je tente de bosser... vainement... il fait beaucoup trop chaud !

Ecrit par : Hubbub Hum | 04.07.2006

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