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21.09.2006

El corazon vacio

Les faiseux vous serrent toujours le cœur. Ils vous le serrent à la longue.

Celui-là fait des bulles de savon… C’est beau une minute, drôle une heure, déconcertant une journée… Au bout de quelques jours, cela devient sinistre cette répétition absurde du même geste. Il faut en avoir vu un faire ou essayer de faire des bulles sous l’orage pour comprendre que même les plus doux des faiseux sont lugubres…

Et je ne parle pas de celui qui l’hiver dernier passait son temps à creuser des tombes inutiles au cimetière, ou de cet autre qui comptait un à un les cailloux au gué de la rivière. Le premier a pris un coup de fusil par le fossoyeur, le second a été emporté par les crues.

Ils ont les yeux creusés. Ils ne mangent que si on leur donne de la nourriture. Ils ne dorment qu’en s’écroulant. Ils maigrissent à vue d’œil, ils s’assèchent dans leur activité presque ininterrompue et meurent vite.

Parfois, ils sont plus que des hommes. Celui-là tuait des pumas à main nues, il revenait des montagnes aux bouts de quelques jours, couvert de sang et portant les fourrures. Son corps entier portait des stries sanglantes dans lesquelles, les enfants lisaient au soir de son retour les combats contre les fauves. Il dormait plusieurs jours consécutifs, délirant de fièvre, jusqu’à avoir la force de se relever, et de repartir saigner à des kilomètres d’ici. Les peaux, il n’en faisait rien. Les faiseux ne font jamais rien de ce qu’il font.

04:00 Publié dans Los tristes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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