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16.11.2006

Mourir moins con : message personnel

"En elle-même toute idée est neutre, ou devrait l'être ; mais l'homme l'anime, y projette ses flammes et ses démences ; impure, transformée en croyance, elle s'insère dans le temps, prend figure d'évènement : le passage de la logique à l'épilepsie est consommé... Ainsi naissent les idéologies, les doctrines, et les farces sanglantes.
Idolâtres par instinct, nous convertissons en inconditionné les objets de nos songes et de nos intérêts. (...) Point d'intolérance, d'intransigeance idéologique ou de prosélytisme qui ne révèlent le fond bestial de l'enthousiasme. Que l'homme perde sa faculté d'indifférence : il devient assassin virtuel ; qu'il transforme son idée en dieu : les conséquences en sont incalculables. On ne tue qu'au nom d'un dieu ou de ses contrefaçons : les excés suscités par la déesse Raison, par l'idée de nation, de classe ou de race sont parents de ceux de l'Inquisition ou de la Réforme. (...)
Lorsqu'on se refuse à admettre le caractère interchangeable des idées, le sang coule... (...)
Il me suffit d'entendre quelqu'un parler sincèrement d'idéal, d'avenir, de philosophie, de l'entendre dire " nous " avec une inflexion d'assurance, d'invoquer les " autres ", et de s'en estimer l'interprète, -pour que je le considère comme mon ennemi. J'y vois un tyran manqué, un bourreau approximatif, aussi haïssable que les tyrans, que les bourreaux de grande classe. C'est que toute foi excerce une forme de terreur, d'autant plus effroyable que les " purs " en sont les agents. On se méfie des finauds, des fripons, des farceurs ; pourtant on ne saurait leur imputer aucune des grandes convulsions de l'histoire ; ne croyant en rien, ils ne fouillent pas vos coeurs, ni vos arrières-pensées ; ils vous abandonnent à votre nonchalance, à votre désespoir, à votre inutilité ; l'humanité leur doit le peu de moments de prospérité qu'elle connut ; ce sont eux qui sauvent les peuples que les fanatiques torturent et que les " idéalistes " ruinent."

Pour des raisons d'interface, je n'ai pas pu mettre les italiques originaux. Ce texte doit être le premier d'importance que l'auteur écrivit en français, langue qui n'était pas la sienne mais qu'il s'appropriat brillamment selon moi.

Lorsque vous m'aurez donné son nom, j'apprendrai sans doute qu'il était un insupportable misogyne, ce qui autorisera à ne pas l'écouter quoiqu'il ait pu dire.

00:30 Publié dans Mourir moins con | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note

Commentaires

Tu es très précis dans ta décomposition mais crois-tu qu'il soit vraiment raisonnable de séparer les idées des hommes comme dans la première phrase de ton extrait ?

Et puis, il ne faut jamais oublier les saines velléités civilisatrices des religions... :-))

Je t'aime mon p'tit loup
Et j'aime beaucoup ta femme aussi.

Ecrit par : lenep | 16.11.2006

Et n'en déplaise à la gentille tata Daria, j'aime beaucoup Dita Von Teese (et sa maman Betty Page).

Ecrit par : lenep | 16.11.2006

Message personnel : j'aurais dû continuer mon boycott, si on ne peut pas apporter de contradiction sans être clouée au piloris...

Ecrit par : Daria | 16.11.2006

Message personnel : si on ne peut pas apporter de contradiction sans être accusé de torture.
(Mon mail était effectivement d'une grande violence, mais les mots de Cioran ont au moins la mesure de la réflexion... Je les fait miens totalement, ça faisait longtemps que je voulais écrire un Contre l'orthodoxie.)

Ecrit par : LOBO | 16.11.2006

Yé destete les intellectouels, ils outilise trop de mots que yé ne comprends pas.
Depuis le temps que yé vous dis que ce qu'il vous faut c'est oune bonne revolucion coultourelle allez hop tout lé monde aux champs à cultiver du riz!
Nous les révolté de la revolucion nous avons bien comprit ce qui était nécéssaire au bien être de chacun, nous avons les soluciones.

Votez El Gato! El Gato presidente pour une nouvelle revolucion coultourelle enfin surtout coul.

Ecrit par : El gato | 16.11.2006

Bono, whilst playing a gig in Glasgow, got the whole crowd to be silent and then began slowly clapping his hands. He got the crowd to clap along for a while, the stadium quiet except for the rhythmic clapping...

After a short period Bono spoke, saying that everytime he clapped his hands a child in Africa died...

Suddenly, from the front row of the venue a voice broke out in thick Scottish brogue, ending the silence as it echoed across the crowd, the voice cried out to Bono "Well stop Fucking doing it then!!"

Ecrit par : lenep | 18.11.2006

Je ne taperai plus jamais dans mes mains promis.

La sanza (je n'ai aucune idée de comment ça s'écrit) est un peu le walkman de l'Afrique, ça tient dans la main, tu peux en jouer en marchant. Des lames de métal et une calebasse, une histoire dit que chaque fois qu'on joue une note, un bébé nait dans le monde. J'ypense chaque fois que j'en joue...
Comme quoi les africains sont plus à la coule que Bono.

To Neil.

Ecrit par : LOBO | 18.11.2006

Mais je n'ai pas DIT qu'on n'avait pas le droit d'aimer les vamps, juste qu'elles avaient aussi le droit d'être en jogging et de se gratter les poils pubiens parfois, sans se l'entendre reprocher.

:-D

Ecrit par : Daria | 16.11.2006

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