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12.02.2007
Les géromoises (3) : cacher pour montrer
Le meilleur moyen de rentrer dans tous les évènements culturels, festivals, avant-premières, coulisses, c'est d'avoir avec soi une caméra, une perche et/ou un magnéto pro. Presse est le mot qui sert de passe-partout, de sésame, le journaliste passe avant tout le monde. Entendons-nous bien, je serais à la fois stupide et suicidaire de cracher sur la médiatisation de l'évènement culturel. Les artistes et leurs diffuseurs ont besoin d'une couverture médiatique. Pour dire ça autrement, un chef-d'oeuvre qui tombe dans une forêt ne fait pas de bruit.
Mais le rituel est assez curieux. Je ne m'attarde pas trop sur la goujaterie inhérente au procédé, on ne passe plus dans le champ d'une caméra ou d'un appareil photo sans s'excuser, mais c'est souvent sans un mot d'excuse ou de remerciement que les professionnels de l'image bloquent symboliquement un immense espace, celui de leurs champs de tir, celui de leurs objectifs...
Le plus étonnant pour moi, c'est plutôt, et pour donner un exemple clair, le petit rituel de l'entrée en salle du Jury pro. Tout le monde est installé, le jury rentre et une haie de journaleux s'érige aussitôt autour d'eux. Il est évidemment absolument nécessaire de shooter Charlotte de Turckheim allant s'asseoir sur le fauteuil réservé d'une salle pas encore obscure, illuminée qu'elle est par la présence turckheimmienne. Mais faut-il pour cela me marcher sur les pieds, et surtout se mettre entre moi et l'évènement. Car c'est le curieux paradoxe qui s'opère, pour que les journalistes puissent me montrer l'évènement, il faut qu'ils me le cachent quand bien même il se déroule sous mes yeux. C'est d'ailleurs peut-être en le cachant qu'ils donnent envie qu'il soit vu. Je me demande donc, si ce genre de comportements relève de la censure ou de la diffusion démocratique, tout en devinant le fond de l'affaire. L'évènement n'a réellement lieu que s'il m'est interdit. Quand l'interdiction de voir dépend de l'éloignement, de la censure politique, de la dictature, du danger, ou de ma propre méconnaissance du monde, j'admire immensément le travail des journalistes. Quand elle procède de leur travail même , je m'interroge sur la fonction...
Communiquant ? Créateur d'évènement ?
Et puis j'aime pas qu'on me marche sur les pieds...
Tant que j'y suis dans mes copains de festival, il y avait plusieurs jeunes cinéastes, parmi lesquels Christophe Battarel. Je me tape régulièrement des courts de jeunes/futurs cinéastes et la qualité technique de son flim est très au-dessus de la moyenne Il écrit, fait la photo et réalise. Moi aussi, je fais de la comm, alors, allez jeter un coup d'oeil à son court-métrage :
Nemesis.
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