« La langueur monotone | Page d'accueil | Conjugaison »
07.09.2009
Les filles de l'aurore
C'est dans un demi-sommeil que je perçois le lever du jour. Je n'entends plus ma fille respirer et je jette un coup d'oeil inquiet. Le lit est vide... Le matelas enlevé... Il me faut une demi-seconde pour me rappeler qu'elle est retournée chez sa mère et que sans doute tout va bien puisqu'il le faut... Je me rendors et je sens à nouveau sa présence, son odeur. La scène se répète dans l'infini des miroirs du sommeil lupin.
Pendant ce temps, Mademoiselle est partie travailler. Je suis donc seul dans l'appartement. La porte s'ouvre doucement. Mademoiselle m'embrasse une dernière fois. Je la perçois vaguement entre les entailles de mes paupières gonflées. Elle disparaît avant que je ne sois sûr de quoi que ce soit.
Les fantômes sont ainsi. Ils profitent de la pénombre, de la torpeur, des lacunes de la mémoire pour apparaître, s'animer et s'effacer à nouveau sans que l'on sache s'ils étaient bien là ou si c'est nous qui n'y étions plus.
12:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
