28.09.2006

Blaise Hersent

Blaise,

Je t’ai rencontré par l’intermédiaire de Marc. Pour des histoires de militantisme… Je ne sais pas comment dire sans dire de gros mot… Moi, les militants, en général, ils m’ennuient, on joue au Caliméro et à la haine de l’autre en croyant que pleurer et gueuler, ça suffit pour changer un monde. Moi, ça aurait plutôt tendance à me gâcher une soirée. Et je trouve qu’on pleure et gueule déjà suffisamment sur cette planète. Résultat, mon seul parti, je le fais tout seul et je vote pour moi tout le temps. Sauf que ce soir-là, je me retrouve sur une liste électorale par amitié. Parce que l’amitié, j’y crois plus qu’à la politique. Et parce que Marc me présente un type qui croit qu’au lieu de pleurer et gueuler, il suffit d’agir. Que la liberté, ça ne se réclame pas, ça se prend. Et que même, ça peut se prendre avec le sourire et la bienveillance plutôt qu’avec la tristesse et la haine. Et ce type, c’est toi. Toi et les tiens. Je ne crois pas beaucoup à la postérité, mais je sais parfaitement que certains la mérite plus que d’autres. Et tu en fais partie.

Forcément, quand on nous a présenté, ça nous a fait bien marrer cette histoire de prénom commun. C’est un beau prénom Blaise, mais on en a discuté, c’est pas facile à porter Blaise. Il en faut en être digne, savoir être aussi rare, singulier que ce prénom et tu l’as porté avec panache. On a répété ce passage plein de fois depuis la première rencontre :
- Bonjour, Blaise (grand sourire).
- Bonjour, Blaise (grand sourire).
Le mieux, c’était d'une voix théatrale, de part et d’autre d’un hall ou au milieu d’une fête bien peuplée. Une vraie volupté de gourmets. Rien qu’avec cette bêtise te saluer était une fête et on se marrait de loin rien qu’à se voir.

En plein cancer, tu continuais à sourire. Avec cette même pugnacité que tu mettais dans tes combats politiques. Et malgré ta mauvaise mine, c’était toujours une fête de te voir.

Je ne crois pas à la postérité, mais je crois profondément au respect dû aux morts et à la qualité du souvenir que l’on se doit de garder d’eux. Celui que je garderai en pensant à toi, c’est l’image d’un sourire pugnace et bienveillant, qui adoucit un peu ma tristesse et ma colère. Je te remercie pour ce sourire que j’ai encore vu flotter au-dessus de nous lors de la cérémonie d’adieu, comme celui du chat du Cheshire.

Ce texte arrive trop tard. Quand il s’agit de mort, tout arrive trop tard. J’espère juste que ce petit mot, pourra adoucir un peu la tristesse de tes proches, et combler dans leurs coeurs, quelques instants, une part infime du vide que tu laisses.

Repose en paix.

Blaise.

PS : J’ai encore deux livres à toi… Passe quand tu veux.

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29.06.2006

Fiche personnage : Daettis, portrait de l'artiste en jeune homme

Daettis est sans aucun doute le plus important, le plus influent, le plus estimé des artistes contemporains parmi ses amis.

D’après ma femme, qui est professeur donc intelligente et cultivée, Daettis est né le 23 août 1975 avec une humilité qui force encore le respect de l’équipe médicale. Ce grand artiste est né sans tapage, et c’est ainsi qu’il a vécu jusqu’à présent. Il n’est pas du genre à assister à son propre vernissage un Curly cacahouète dans l’oreille, non… Il préfère, au milieu des forêts primaires canadiennes, partager son savoir et son talent avec des enfants qui ont un accent bizarre. Si Daettis est si discret, c’est qu’il préfère qu’on s’intéresse à son œuvre plutôt qu’à sa vie. Je dirai juste qu’à l’âge où les enfants arrêtent de dessiner, lui a continué. Il lui arrive aussi de peindre, coller, encrer, filmer, écrire, photographier, et même de rajouter une petite touche de rouge là, oui… c’est quand même beaucoup mieux… Il va jusqu’à faire les Beaux-Arts, c’est dire.

(À ce moment-là, normalement, quelqu’un de visiblement plus intelligent que vous vous explique ce que vous devez penser de ce que vous voyez, mais vous ne comprenez rien au texte puisque comme moi vous êtes beaucoup plus fasciné par la culotte de Madonna que par le sourire de Mona Lisa. Pour éviter ce moment humiliant, le directeur d’exposition et l’artiste ont d’un commun accord désigné quelqu’un de notoirement incompétent en matière d’art contemporain pour rédiger ce texte : moi. Voici donc ce que je vous conseille de penser, en vous assurant par avance que votre avis sera meilleur que le mien.)

L’exposition de ce jour est composée de peintures et de photographies. Pour reconnaître les unes des autres, c’est très simple, les photographies sont lisses (pensez à bien vous laver les mains avant de toucher). C’est après que ça se complique.

En effet, Daettis est un touche-à-tout, un polytechnicien de l’imaginaire. En travaillant la lumière, les cadres et la texture de ses photographies, Daettis les rapproche de la peinture en leur offrant un rendu granuleux et charnel où l’on croit voir la toile et le geste. Il fait de la photo, ce tout venant de la modernité, des tableaux au classicisme serein. Il n’y a rien d’académique là-dedans et il suffit de voir ses peintures pour s’en assurer. Car sur ses peintures, Daettis écrit, colle des objets, dessine… Il les violente pour que jamais la contrainte technique ne soit une entrave au sujet : le portrait, le corps et leur inscription dans un cadre, une composition. On pourra rire en se rendant compte à quel point ce travail est ancien et permanent dans l’art de l’image. On arrêtera, un peu honteux, en reconnaissant que c’est parce que ce travail est fondamental et que les problèmes les mieux connus sont aussi les plus vastes. On se rappellera enfin que même un Picasso n’abandonnera jamais la représentation de la figure humaine.

C’est que Daettis a des maîtres dont il poursuit humblement le labeur. Il est sous influence, il a fumé trop de Bacon (mais si… vous savez, le peintre anglais) et gobé trop de Sugimoto (mais si …vous savez, le photographe nippon… ah non ? vous savez pas ?). À l’un, il emprunte l’acharnement à saisir visages et corps ; à l’autre, une science fine de la composition. À la culture savante de son art, Daettis adjoint, en homme de son temps, des sujets issus de la culture populaire. Il n’hésite pas à faire le portrait de Michael Jordan (mais si… vous savez, le basketteur américain) ou à citer respectueusement Shigeru Miyamoto (mais si… vous savez, le père de Mario… ah non ? vous savez pas ?).

C’est ainsi qu’il avance, un pied dans la photographie, l’autre dans la peinture ; un pied dans la culture savante, l’autre dans la pop culture. Parfois, il met même un troisième pied dans le plat. Quand il marche, il lui arrive de s’empêtrer et de tomber. D’autres fois, il se rapproche de la beauté et de l’harmonie, livrant dans ses toiles un peu de ce qu’il est au fond : un homme de cœur, un ami fidèle et généreux, quelqu’un dont la passion est de donner.



Princesse Céline m'a demandé d'écrire ce texte pour une exposition de la Fripouille. Je le mets en ligne avant qu'il ne soit refusé. On remarquera la jolie fellation finale.

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30.01.2006

Fiche personnage : Christ

La première fois que Christ est passé de l’autre côté de mon comptoir pour taxer deux trois euros, je ne l’ai pas reconnu immédiatement. C’était le soir de Noël, et il m’a demandé d’appeler le SAMU social.

C’est lui qui, quelques jours plus tard et bien des euros taxés, m’a demandé si je me souvenais de lui… Oui, je me souvenais de lui, maintenant qu’il me posait la question. On ne s’imagine pas toujours avoir un passé commun avec un clodo. On imagine même volontiers le contraire, pour s’assurer qu’on ne sera jamais à sa place, dans ces vêtements mal ajustés que distribuent les associations, à mendier quelques euros.

J’ai rencontré Christ sur la route qui menait de la Fontaine Bouillante à Caen. Route que je faisais régulièrement au volant de la caisse de ma femme. Il faisait du stop. Il montait dans ma bagnole, taxait quelques euros pour pouvoir s’acheter un sandwich et boire un café. Je le prenais à Thury et le déposais en pleine campagne à l’arrêt de bus des Moutiers. Je me demandais, comment il allait trouver un sandwich en plein champ.

Ce n’est qu’en le revoyant derrière mon comptoir que j’ai eu l’explication. Il passait en fait ses journées à faire du stop des Moutiers à Thury et de Thury aux Moutiers. « Ben, ça m’tenait chaud », m’a-t-il dit avec son grand sourire édenté. Et ça lui permettait de faire la manche sur une route nationale. On trouve de sacrées ressources quand il s’agit de bouffer. Pour dormir, l’arrêt de bus lui suffisait. Abribus ouvert aux quatre vents, au bord d’une nationale, au milieu des champs. On mesure le confort de la situation. À Fontaine Bouillante, nous avons eu un hiver particulièrement rude, plusieurs nuits où le thermomètre descendait à moins de –10º. Christ passait ses nuits de gelée blanche sous son abribus. Il m’a dit que c’est moi qui lui avais conseillé de monter à la ville, cet hiver-là. Je n’en ai aucun souvenir. Et je me demande comment il a fait pour ne pas en crever, de cet hiver qui lui mordait le corps.

Christ m’a retrouvé, je suis devenu son principal financeur privé, quelques euros à droite, à gauche, un repas quand j’ai des restes d’une animation, et des verres d’eau en permanence. Je ne suis pas très tendre avec Christ. D’abord, parce qu’il me coûte un fric fou, et puis parce qu’il squatte mon comptoir, baragouinant du mieux qu’il peut avec ses quatre dents, et je ne comprends pas toujours et ça m’énerve. C’est qu’à la ville, on les perd vite ses dents. Christ est petit et trouillard ; la dernière fois qu’on l’a battu, il s’est retrouvé avec deux dents en moins, ce qui est énorme, -il n’en avait que six- et un coude plié dans le mauvais sens.

C’est terrible, ces histoires de dents… Christ ne peut pas manger de pain avec ses quatre dents restantes. Être à la rue et ne pas pouvoir manger de pain…

Christ m’aime bien. D’abord parce qu’il aime mon argent. Mais aussi parce qu’à mon boulot, il est au chaud et il a un embryon de vie sociale normale, il serre la main de mes collègues, discute avec les clients. Pour une heure ou deux, il n’est pas avec les autres cloches ou avec les professionnels de la misère, bénévoles, assistantes sociales, etc. Il raconte des conneries, me parle de la chambre qu’il aura un jour, de la dernière fois où il s’est fait tabassé, et rend de menus services. Il fait de grands sourires, où il n’y a plus que quatre dents. Je l’admire pour ce sourire, il sourit du fond du cœur, et avoir du cœur quand on est à la rue, humilié, frigorifié, affamé, malade, c’est faire preuve d’une belle humeur et d’un grand courage. Il est probable qu’un hiver prochain Christ viendra encombrer les statistiques du Plan Grand-Froid, un clodo de plus victime de l’hiver. Tout ce que je lui souhaite, c’est que là-haut, il se retrouve attablé pour l’éternité, près du radiateur, devant une table bien garnie et avec toutes ses dents.

12:20 Publié dans Fiches personnage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note

02.01.2006

Fiche personnage : Raymond

Je serais bien en peine de prouver l’existence de Raymond. Raymond est comme Dieu, on y croit ou pas en fonction de son interprétation des signes qu’il laisse.
J’ai rencontré Raymond une fois, dans un restaurant caennais où nous fêtions la thèse de la Népalaide. Je l’avoue, je ne me souviens pas du visage de Raymond, alors que je me rappelle très bien ceux de sa femme adorable et de sa fille adorée. C’est dire s’il sait s’entourer.
C’est en lisant ses commentaires sur le blog des Népalais et le mien que j’ai pu élaborer cette hypothèse : Raymond est virtuel, ce qui ne va pas faciliter sa description.
Il se qualifie lui-même d’homme de la campagne. Nous pouvons le croire puisqu’il porte le nom d’un arbre. C’est donc quelqu’un qui aime à se promener, ce qu’il fait d’ailleurs sur le net. Raymond est un promeneur solitaire fan d’un Jean-Jacques qui n’est pas Debout, il est aussi germaniste. La culture est un peu son métier et encore plus une passion. Il ramène de ses promenades des rêveries qu’il laisse sur nos blogs. Quand il prend le temps cela donne des textes malins, ne dédaignant ni le calembour, ni la mauvaise foi, et citant les Pères de son église parmi lesquels Jean-Jacques, Dylan et Godard, c’est dire s’il sait s’entourer. Il défend Mozart face aux Beatles.
Quand il écrit vite, cela peut devenir abscons. Peut-être ne sommes-nous pas assez intelligents ? Il a au moins le courage de ne pas céder à l’ambiance volontiers vulgarisatrice de la culture sur fiches et du zapping jeune et sympa dans les champs du savoir. C’est que la culture est une affaire de paysage et non de jardinerie. Il s’y perd parfois et nous avec, mais se perdre est devenu si rare. Et l’on nous trace tant de chemins qui se ressemblent tous. Lui prend des chemins de traverse au gouvernail d’une Narrenschiff dans laquelle il nous embarque si l’on n’y prend pas garde.

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14.11.2005

Fiche personnage : Q

Nous avons passé le week-end avec Q, mais qui est Q ?

Contrairement à ce que son nom indique Q n'est pas un zéro avec une petite queue. En tout cas, je suis absolument certain que ce n'est pas un zéro.
J'ai rencontré Q à Madrid il y a quelques années, il squattait au même moment que moi, l'appartement de Pedro. C'est donc dans les bars madrilènes que nous avons faits connaissance. Les bars espagnols, c'est un peu comme les quarantièmes rugissants, il faut avoir le pied sûr et du sang-froid à revendre. Traverser ce genre de lieu à deux ou à dix, c'est se forger des souvenirs communs, plein de tangages et roulis. C'est parfois démarrer une amitié solide.
Q fait partie de ses gars à qui il faut éviter de dire salut dans une soirée, ou alors c'est prendre le risque que six heures plus tard, Q soit devenu votre meilleur pote. Car ce type fonctionne en open-source, et un de ses plaisirs les plus communs est d'interroger sans relâche celui qui sait quelque chose que lui ne sait pas.
Quand Q rencontre un apiculteur, ils passent deux heures à parler abeilles. Quand un voisin de Q fait du bruit la nuit et empèche Q de dormir, celui-ci descend ses 1m90, et sonne à la porte. Il demande s'il peut se joindre au voisin pour faire du bruit avec lui. Cette anecdote est strictement véridique, évidemment. Q s'adresse aux caissières, aux badauds, aux postiers, aux serveurs avec la même désinvolture complice. Au pire, il récolte les sourires glacés de gens qui n'ont pas que ça à foutre et le plus souvent, il a les réponses aux questions qu'il se pose sans cesse. Chez Q, la curiosité appliquée aux autres est un art de vivre, et c'est trés flatteur pour les autres. Ca met en valeur. Il a l'humilité de croire qu'il ne sait pas grand-chose et à force en apprend beaucoup.
C'est avec la même patience qu'il fait partager son savoir qui est grand.
Comme moi, Q aime manger et éprouve une passion quasi égale pour la junk-food et la gastronomie, car Q aime les bonnes choses, mais n'est pas bégueule. J'aime bien manger avec Q.
Q travaille dans la sécurité informatique. Il est payé pour pénétrer des systèmes par les gens auxquels ses systèmes appartiennent.
En un mot, Q est pirate. Mais un gentil pirate.
Qui n'a jamais révé avoir un pirate pour ami ? Hein ?
Et bien, c'est pas compliqué, dites lui salut dans une soirée et à vos risques et périls.

23:05 Publié dans Fiches personnage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

27.05.2005

Fiche personnage : Princesse Céline

Princesse Céline est une princesse un peu perdue dans un monde, oû à part faire la couverture de Point de vue..., les princesses ne font pas grand chose. Contrairement à ses collègues, Princesse Céline aime la vraie vie, les foires aux bulots, le vin en terrasse et les catalogues Bricodépot. C'est pourquoi, ostracisée par la cour, elle a dû quitter le gotha, comme Stéphanie de Monaco, et, contrairement à Stéphanie de Monaco, les pages des tabloïds. La pauvre aspire à une vie simple, et les autres princesses se moquent d'elles en la pointant de leurs porte-cigarettes, de leurs rince-doigts et de leurs pince-nez. C'est pour cette raison que parfois elle pleure.
Elle a néanmoins gardé quelque manies de sa royale jeunesse, l'amour des lits à baldaquins, des robes à corsets, un goût certain pour l'autorité, les promenades à cheval et les jeunes suivantes, toutes choses difficiles à conserver lorsque l'on a décidé de vivre dans la roture. C'est avec beaucoup de courage qu'elle a dû apprendre à cuisiner -trés bien- et à réparer sa voiture -échec total-. C'est pour cette dernière raison que parfois elle pleure.
Dans sa prime jeunesse, elle organisait avec sa mêre la Reine des rallyes mondains et des bals de débutantes, elle continue maintenant n'hésitant pas, suite à son arrivée dans le peuple, à travailler avec des drogués, des noirs ou des musiciens pour des évènements techno -du Bach en encore plus répétitif- ou jazz -Seigneur, nos colonies!- manouche -Seigneur,les romanichels!-. C'est peut-être pour ça que parfois elle pleure.
Fidèle en amitié, libre par nécessité, elle est d'une hospitalité princière et partageuse comme une vraie pauvre. Elle parle aux animaux qui lui font des réponses qu'elle seule entend et lorsqu'elle chevauche un étalon, c'est lui qui décide oû ils vont. C'est peut-être pour ça que parfois elle pleure.
C'est aussi une des meilleures conteuses que je connaisse et de ma part c'est un putain de compliment!
Si vous avez la chance de la croiser, consolez-la, car il n'est pas facile d'être une princesse dans un monde si cruel. Pensez quand même à lui demander les coordonnées de Blanche Neige. Elle est belle Blanche-Neige!!!

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25.05.2005

Fiche personnage : le Népalais et la Népalaide.

Lundi, le Népalais est parti, vive le Népalais.
Qui est le Népalais?
Je l'ai rencontré un soir de repas entre doctorants auquel j'étais allé accompagner ma femme, m'ennuyer ferme, trop boire et vomir mon rejet des élites. Mais ces sales cons m'ont pris par derrière en étant affables, limites sympas et manifestement plus tolérants que moi. Parmi ce groupe de bac+, un couple sympa avec qui nous avons sympathisés, le Népalais et la Népalaide - une sorte de femelle du népalais. Le test suivant, eu lieu chez nous au B&B Funky Club, lors d'une soirée épique oû on a mis le feu entre gens de bonne compagnie, les népalais ont twistés sur du Schiffrin et avoué apprécier Mickaël Jackson. Test remporté haut la main, Travolta est bac+8.
Apprivoisons...
Comme son cousin le yéti, le Népalais est velu, trés velu et légèrement paranoïaque. Comme son nom l'indique, la Népalaide est gironde, trés gironde et légèrement paranoïaque. En bons paranoïaques qu'ils sonts, ils ont finis scientifiques, lui est persuadé qu'il y a un intérêt à la sécurité informatique et elle qu'il faut se laver les mains aprés avoir fait pipi et manipulé le virus de la grippe espagnole. Ces gens viennent manifestement d'un autre monde. Mais ces gens là sont drôles, généreux, et sont devenus nos amis.
Le népalais est un dilettante de talent, trés 90's mais il n'a pas la force de s'admirer, et produit de petites choses trés drôles. La Népalaide fait partie de ces femmes si brillantes qu'elles vous font regretter d'être un homme, trés XX° siècle, mais on n'aura notre revanche, nous les cons machistes.
Le népalais est aussi fragile que sa femme est douce. Si vous en croisait par hasard, les apprivoiser demandera de savoir sourire, caresser et peut-être aimer. De la délicatesse...
On les trouve en Europe de l'Ouest et à l'Est des Etats-Unis. On les observe fréquemment par couple. Ils sont omnivores, probablement vivipares bien qu'on ne les ai jamais vus se reproduire. On ne les capture pas, on les observe et seulement si on a de la chance, ils vous adoptent.

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